Où les hommes sont des monstres et vice-versa


Ils ne jappaient pas à quatre pattes, mais on n’en était pas loin. Deux magnifiques spécimens d’hominicules actuels, torses nus, étaient tenus en laisse, lors de la manifestation du 23 novembre contre "les violences faites aux femmes", par une humoriste (paraît-il) finement nommée « Marie s’infiltre ». Pour ajouter un peu de piment à cet étalage de bon goût sado-masochiste, une manifestante faisait semblant de les frapper avec un fouet sous les rires et les quolibets des jouvencelles présentes.

Il paraît que la scène a fait scandale, je ne comprends pas pourquoi. Elle illustre à merveille, au contraire, le conflit des genres (qui n’existent pas, mais quand même un peu) auquel les bien-pensantes conduisent notre société. Dans cette optique, l’homme et la femme ne sont plus complémentaires, comme l’enseignait l’obscurantisme biblique, mais adversaires. Comme le criaient les lesbiennes – peut-être intéressées un tantinet au conflit ? – lors de cette marche : « Délivrez-nous du mâle ». Diabolique !

La question se pose donc : nous, les hommes, sommes-nous des monstres ? Force est d’admettre que l’on voit davantage d’hommes assassiner leurs épouses que l’inverse : en 2016, sur 138 personnes tuées par leurs « partenaires » ou « ex-partenaires » (conjoint, concubin, pacsé…), on comptait 109 femmes et 29 hommes. Plus généralement, les mâles sont majoritaires parmi les meurtriers : ils ont été à l’origine de 84 % des 835 homicides commis en 2018, ce qui ne plaide pas en notre faveur. Caïn était déjà des nôtres…

A priori, nous serions donc des dangers ambulants qu’un vernis de civilisation de plus en plus ténu empêcherait de se transformer en loups-garous les nuits de pleine lune. Toutefois, à l’inverse de ce que prétendent les associations féministes, il n’est pas du tout démontré que ce danger augmente : comme l’observe une consœur de Libération, quotidien peu suspect d’antiféminisme primaire, « le nombre de morts violentes de femmes au sein des couples ou des ex-couples a été plutôt orienté à la baisse entre 2006 et 2018. » Une autre consœur, Titiou Lecoq, qui a aussi travaillé pour Libération, écrit que, pour démontrer une hausse présumée en 2019, on compare des chiffres différents, les uns ne prenant en compte que les meurtres commis par les conjoints, tandis que les autres incluent toutes les relations amoureuses.

Ces décomptes paraissent sinistres et morbides ; mais mieux vaut savoir de quoi l’on parle, puisque le « féminicide » - variante aggravée de l'homicide commun - est considéré comme un phénomène de société. Or, pourquoi tient-on à tout prix à montrer que les « féminicides » augmentent, sinon pour fracturer encore davantage une société qui part en morceau et briser l’union entre l’homme et la femme, en oubliant que la majorité des couples vivent en harmonie ?

Heureusement, tout va changer avec l’organisation par Marlène Schiappa d’un « Grenelle des violences conjugales ». D’un coup de baguette magique, ma sorcière mal aimée va changer les loups que nous sommes en doux agneaux, Caïn en Abel et Landru en mari parfait !

Un autre débat s’est noué, inévitablement, autour de la manif féministe. Un collectif de femmes nommé « Némésis », du nom de la déesse grecque de la vengeance, s’est fait exclure manu militari du cortège, pour avoir brandi des pancartes qui dénonçaient une réalité gênante – à savoir, les effets de l’immigration de masse, en proportion, sur les violences faites aux femmes (52 % d’étrangers parmi les violeurs, selon le collectif). Une vérité que certaines manifestantes, qui défilaient quinze jours auparavant contre l’islamophobie et estiment que le port du foulard islamique est légitime (voire, un progrès pour les femmes ?), ne pouvaient, ni ne voulaient entendre. C’était sans doute le cas des députés écolos et d’extrême gauche Esther Benbassa, Manon Aubry et Clémentine Autain, ainsi que de la militante professionnelle Caroline de Haas. Que Marlène me change en groupie de Yann Barthès s’il n’y a pas là-dedans comme un parfum (féministe ?) d’hypocrisie !