Les malheurs d'Atlas


Il paraît que Jupiter n’est plus de saison : à en croire Brigitte Macron, le divin Manu serait plutôt comparable à Atlas, « ce dieu qui porte la voûte terrestre », dit-elle. La mythologie nous apprend que ce dernier était un Titan vaincu par... Jupiter – ça la fiche mal ! –, qui le condamna à porter la voûte céleste (et non pas terrestre) sur les épaules. Même sans réchauffement climatique, elle devait peser un sacré poids. C’est depuis ce temps-là que l’on dit d’une personne courbée sous le fardeau qu’elle est voûtée (1).

Les malheurs du pauvre Atlas ne s’arrêtèrent pourtant pas là. S’avisant qu’un malfaisant nommé Persée s’apprêtait à piquer des pommes d’or dans le jardin de ses filles, les Hespérides, ce bon père de famille prétendit arrêter ce sale petit voyou pour lui flanquer une fessée, Marlène Schiappa n'ayant pas encore interdit, à cette époque, ce châtiment corporel humiliant et nauséabond. Hélas ! Le malandrin au mental de serial killer possédait l’arme fatale. Tirant de son sac à dos la tête de la gorgone Méduse, qu’il avait trucidée peu auparavant, Persée l’exhiba sous le nez du Titan qui en fut tétanisé, et même pétrifié !

Cette affligeante histoire devrait faire réfléchir le nouvel émule d’Atlas. Il n’est pas besoin de lire dans le marc de café, la boule de cristal ou les entrailles de Sibeth pour y voir un fâcheux augure : Jupicron médusé par une percée de Marine Le Pen, qui lui piquerait ses électeurs las d’être pris pour des pommes.

(1) Cette explication est aussi fantaisiste qu’une carabistouille de Sibeth Ndiaye.