Jupiter libertaire

La presse servile ne manque jamais de saluer les déplacements à l’étranger du nouveau Jupiter, avec des cocoricos dignes de saluer l’aube des temps nouveaux. Nous avons donc été conviés à nous pâmer devant le voyage en Inde de Macron et de la Macronesse. Nous avons même eu droit au reportage sur « l’escapade » du couple au Taj Mahal : c’est l’avantage d’être président, on n’a pas besoin de Fessebouc pour faire profiter la planète de ses photos de vacances. Côté boulot, l’ancien banquier d’affaires s’est mué comme ses prédécesseurs en VRP de la République, non sans succès (l’homme a du métier) ; mais les serfs médiatiques ont aussi encensé comme il se doit sa rencontre avec « la jeunesse » indienne. Le président s’est en effet exprimé devant 300 étudiants dans un pays dont 600 millions d’habitants (près de la moitié de la population) ont moins de 25 ans. Il ne pouvait certes pas rencontrer tout le monde : 600 millions de petits Indiens, et lui, et lui, et lui, aurait chanté Dutronc. L’un de ses jeunes auditeurs, nommé Isaar Ahmad, l’a pourtant regretté : « Il a une belle vision, mais il faut qu’il parle à tout le monde, pas uniquement aux plus éduqués », a-t-il dit à un journaliste français. Ce jeune homme prendrait-il Jupi pour un populiste, uniquement parce qu’il tombe la veste et cause en bras de chemise ? Qu’ils imaginent-ils, ces Indiens ? La France aussi a ses castes !

Du beau discours du président cabotin, j’ai retenu le « dernier conseil » que je suis disposé à faire mien : « ne respectez jamais les règles ! ». C’est en tout cas la règle libertaire que suit Macron depuis son adolescence, lorsqu’encore mineur il a séduit son professeur avant de l’enlever à son mari. Je retiens donc la leçon et j’adopte la maxime en invitant mes lecteurs à en faire autant : par exemple, au mois de juin prochain, lorsque le gouvernement entendra faire appliquer la nouvelle limitation de vitesse à 80 km heure, nous obéirons à la consigne présidentielle en ne respectant pas cette réglementation inepte. Et quand, après avoir été flashé par un radar, nous recevrons par courrier la contredanse, nous la renverrons à l’envoyeur avec ce petit rappel : "J’ai pris exemple sur Emmanuel Macron". À quoi l’administration répondra sûrement que le précepte jupitérien, s’adresse à l’élite et pas à la basse plèbe ; mais alors, quoi, on n’est plus en démocratie égalitaire ?

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