Potacheries africaines de Jupiter Macron


Comme il fallait s’y attendre, Emmanuel Macron, en représentation en Afrique, n’a pas manqué de reconnaître les crimes « incontestables » de la colonisation , tout en se défendant de « faire repentance ». Ces crimes sont si incontestables qu’il a négligé de les citer, ce qui aurait été bien instructif.

Voilà beau temps que Macron et ses amis financiers ont compris qu’il n’y avait jamais rien eu à attendre du colonialisme de grand-papa qui coûtait cher aux nations occidentales, comme l’ont montré les travaux de l’historien de l’économie Jacques Marseille. La mondialisation a heureusement permis de construire un « néo-colonialisme » beaucoup plus efficace.

Le président français l’a clairement montré lors du discours qu’il a prononcé devant le président du Burkina-Faso, Roch Marc Christian Kaboré et les étudiants burkinabés, à Ouagadougou, le 28 novembre. Laissant libre cours à son esprit potache, tout sourire, en verve et l’œil malicieux, il a pris un évident plaisir à faire rire son auditoire, y compris aux dépens de son hôte, invité à s’occuper de l’électricité de l'université. Et comme celui-ci quittait la salle, il a lancé un trait d’esprit, à la plus grande joie de son public : « Du coup, il s'en va ! Reste là ! Du coup, il est parti s’occuper de la climatisation ! »

A la place des étudiants, je ne me serais pas esclaffé, mais j’aurais au contraire conspué le président français. Car on n’imagine pas qu’il aurait pu adopter le même comportement de sale gosse mal élevé vis-à-vis de Donald Trump ou de Vladimir Poutine. Avec Trump, ses gamineries ne dépassent pas le petit jeu de la poignée de main : celui qui serre la main de l’autre le plus fort a gagné. Devant Poutine, à Versailles, il s’était laissé aller à critiquer la situation des homosexuels en Tchétchénie – un autre grand moment de la diplomatie française – et la manière dont l’avaient traité, pendant la campagne présidentielle, les médias pro-russes, Sputnik et Russia Today. Le « tsar » est resté impassible, mais quelques jours après on apprenait que ces deux médias allaient engager plus d’une centaine de nouveaux journalistes...

Rien de tel à craindre avec le président du Burkina-Faso, qui est sagement revenu à sa place. J''ai d'abord cru (comme Emmanuel Macron, semble-t-il) qu'il était sorti vexé. Il se serait simplement absenté pour se rendre aux toilettes, explique-t-on. L'attitude du président français n'en est pas moins révélatrice de sa mentalité. Le respect de Macron pour les chefs des autres Etats est fonction de leur puissance : cabotin avec les Américains ou les Russes, insolent avec les Polonais, méprisant avec les Africains. Avec lui, la Françafrique cède la place au mondiafric.

A voir sur le site f de souche: http://www.fdesouche.com/913365-president-burkinabe-kabore-humilie-emmanuel-macron-devant-etudiants

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