La yoyo-politique d’Emmanuel Macron

La République en marche ne choisit apparemment pas le plus court chemin pour se rendre d’un point A à un point B. Un pas en avant, un pas en arrière : à ce rythme, Emmanuel Macron risque de n’avoir pas assez d’un quinquennat, ni même de deux, pour atteindre les buts – flous dès l’origine – qu’il a lui-même fixés. Ça s’en va et ça revient comme dans la chanson de Claude François. C'est la yoyo-politique.

On l’a vu avec le projet de réformer l’ISF et d’augmenter la proportion des contribuables exonérés de la taxe d’habitation (jusqu’à 80 % des ménages). Emmanuel Macron avait inscrit ces réformes dans son programme : yoyo en haut.

Mais dans son discours de politique générale du 4 juillet, son premier ministre, Edouard Philippe, annonçait que lesdites réformes attendraient, peut-être même jusqu'à la fin du quinquennat (concernant la taxe d’habitation), en raison du triste état des finances publiques : yoyo en bas.

Cependant, la grogne grimpe jusque dans les rangs des "marcheurs", contraignant Philippe à préciser le 8 juillet que les prélèvements obligatoires baisseront de 7 milliards d’euros en 2018, en application de mesures prises du temps que Flamby la poisse était à l’Elysée : yoyo à mi-pente.

Et le lendemain, 9 juillet, Jupiter-Macron lui-même annonce aux heureux mortels-contribuables que, finalement, tout bien réfléchi, les réformes de l’ISF et de la taxe d’habitation seront mises en œuvre dès 2018 : yoyo au zénith !

Entre-temps, il ne semble pourtant pas que les finances publiques se soient miraculeusement rétablies. Au reste, le fait que le déficit public soit plus important que le discours officiel ne l’avait annoncé est, comme l’écrivent Les Echos du 11 juillet, « un secret de Polichinelle », puisque

, ministre hollandique de l’Economie, en avait été averti dès le mois d’avril. Et, au fait, le prédécesseur de Sapin au ministère de l’Economie, un certain Emmanuel Macron, qui occupa le poste d’août 2014 à août 2016, était-il lui-même assez mal informé de l’état réel des finances françaises pour tout en ignorer lorsqu’il rédigea son programme ?

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