Affaire et pau de mouton


Pour Bêêrou, c’est brouté. Son passage au ministère de la justice, premier séjour au gouvernement depuis 1997, s’est terminé plus tôt que prévu, plombé par l’affaire des emplois par le Modem de salariés payés sur les fonds européens et, surtout, par les résultats aux législatives des candidats de la République en marche, qui disposent de la majorité absolue. L’Elu n’a donc plus besoin du mouton et le renvoie à ses patûres.

Lors de la passation de pouvoir avec Nicole Belloubet, qui lui succède place Vendôme, le nouvel ex-Garde des Sceaux a déclaré, le 22 juin, avoir « beaucoup, beaucoup agi » depuis sa nomination le 17 mai, et donné un exemple frappant de ses hautes capacités : « une de mes fiertés est d’avoir pu mettre la climatisation sans le bureau des chauffeurs, ce qui n’avait pas été fait depuis plusieurs décennies et on y est arrivé en quelques heures. »

Avec la chaleur qu’il a fait ces derniers jours, c’est particulièrement méritoire. J’imagine l’ovidé palois ayant tombé sa veste et sa petite laine, accroupi devant le radiateur, le tournevis à la main, tout entier absorbé par sa mission de ministre du climat judiciaire. Un spectacle presque aussi émouvant que l’élection de Macron.

Il peut désormais rentrer la tête haute au bercail de l’Assemblée nationale, en compagnie de Marielle brebis fidèle. Mission accomplie.

Mots-clés :