Belkassine met les voiles

Nous ne sabrerons pas le champagne – le noble vin est réservé à de plus dignes occasions – mais au moins le mousseux pour célébrer comme il se doit le retour à ses chères études de Najat Vallaud-Belkacem. La franco-marocaine a perdu son maroquin. Si par inadvertance on retient quelque chose de son passage au ministère de l’Education, ce sera ses efforts pour détruire les savoirs et brimer les talents au nom de l’égalité, notamment en supprimant les classes « internationales » et en décourageant les élèves désireux d’apprendre le latin et le grec, ces langues « mortes » qui les reliaient à des racines probablement pas suffisamment ancrées dans la diversitude.

On lui doit aussi la désorganisation des rythmes scolaires, qui a eu des conséquences négatives sur le repos des jeunes enfants et sur le maintien des activités périscolaires. Des amis musiciens, qui vivent en grande partie des leçons qu’ils dispensent à des apprentis pianistes ou guitaristes, me disaient avoir perdu, à cause de la réforme Vallaud-Belkacem un nombre sensible d’élèves.

Le philosopheux Luc Ferry – dont le passage rue de Grenelle n’a d’ailleurs pas laissé non plus un souvenir inoubliable, a qualifiée, le 18 mai dernier, de « pire ministre » de « toute l’histoire de la République », « totalement incompétente ». La réjouissante grimace qu’elle a faite en apprenant le nom de son remplaçant, et dont l’image connu un grand succès sur Internet, est le meilleur indice de la valeur de celui-ci.

Najat ne lui en a pas moins recommandé de s’inspirer de son exemple : « La continuité n’est ni un aveu d’impuissance, ni un renoncement », a-t-elle moralisé à la manière de Topaze dans le livre éponyme de Marcel Pagnol. Dans certains cas, ce serait plutôt un aveuglement : errare humanum est, perseverare diabolicum. Mais Najat méprise le latin et ne croit pas au diable…

Dieu merci, son successeur ne montre aucune intention de poursuivre son travail de démolition. En quittant le ministère, elle a aussi déclaré : « Finalement, ces cinq ans sont passés très vite. J’ai l’impression que ça a duré cinq minutes mais pendant lesquelles j’aurais pris vingt-cinq ans. » C’est ce qui la différencie de nos compatriotes, qui auraient bien aimé que ça ne dure que cinq minutes et qui ont eu l’impression d’en avoir pris pour vingt-cinq ans.

Un bonheur n’arrivant jamais seul, après avoir cessé de cornaquer le Mammouth, l'ex-ministre au bonnet d’âne sera probablement sortie de l’Assemblée nationale dimanche prochain par les citoyens de Villeurbanne, ce qui devrait heureusement mettre un terme à sa carrière politique, le parti socialiste risquant de n’avoir plus les moyens financier d’assurer, comme par le passé, le train de vie des apparatchiks parasites. À moins qu’elle ne retourne siéger, comme elle le fit jusqu’en décembre 2011, au conseil de la communauté marocaine de l’étranger, pour apporter ses lumières – s’il en veut… – au roi Mohammed VI ?

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