Le sacre de Coucou roi


Du discours prononcé par Emmanuel Macron au Louvre le soir de son élection, il n’y aurait pas grand-chose à dire. C’est plutôt la forme qu’a revêtue ce gentil raout de plein air, qui appelle des commentaires.

D’abord, par le choix du lieu : l’estrade était placée devant la pyramide du Sino-Américain Pei, verrue triangulaire posée au cœur du vieux palais des rois. La construction elle-même porte symboles : symbole de la franc-maçonnerie, cette religion de la République, symbole du mondialisme, symbole de la contemporanéité culturelle, symbole de l’effacement des gloires passées par les forces de progrès, symbole de la mitterrandie… Par moments, sur les images télévisées, on eût dit que la tête de l’Élu – Jadot l’écolo l’a déjà surnommé « Toutânmacron » – était fichée sur la pointe de la pyramide. Les anciens romains y auraient vu un augure, les vieux Bretons un intersigne.

Ensuite, par la mise en scène. En dépit d’une température annonçant les saints de glace, l’assistance avait été réchauffée tant bien que mal en avant-première par un chanteur américain généreusement prêté par Barack Obama, et surtout par un spectacle d’une vulgarité étudiée, danseuses roulant des fesses en culottes rouges sur hauts talons, auprès duquel les paillettes les plus bling-bling de la défunte Sarkozie ressemblaient aux décorations de la kermesse dans une école communale de province.

Vint enfin le clou de la soirée, l’arrivée majestueuse, théâtrale et solitaire (déjà ?) du grand jeune petit homme, monarque républicain sortant des ténèbres alentours sur l’Hymne à la joie de Beethoven, pour répondre aux vivats de son bon peuple. Le show se conclut par l’investissement de l’estrade, d’abord par Brigitte, la maman-épouse désormais titulaire du titre de première dame de France, puis par toute la dynastie des macronidés, enfants de Brigitte et petits-enfants de Brigitte, dont Macron le magnanime se proclama père et grand-père après avoir usurpé la place du géniteur légitime. Cette exhibition sur la tribune illustrait d’ailleurs un point fort du programme de Macron : l’affaiblissement de la famille traditionnelle désormais mise au même rang que les autres formes qui « font famille ». Ce chapitre, jamais évoqué par les médias, s’inscrit pourtant dans la continuité de la politique de destruction de la norme familiale mise en œuvre par le président sorti-sortant, Flamby le flambé, et ses ministres.

Ainsi le symbolisme était complet, Macron correspondant de manière subliminale à la nature même de la République qu’il est appelé à présider et dont le totem mériterait d’être, plutôt que le coq, le coucou – un oiseau qui s’installe dans le nid que d’autres ont construit.

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