La Révolution carambar

Ce titre à la une du Figaro du 10 mai : « François Baroin : " Si nous gagnons en juin, nous donnerons la priorité aux baisses d’impôts ". » Il paraît que les Français veulent du nouveau, les voilà servis. La promesse de Baroin me rappelle un vieux souvenir de classe. C’était au lycée Carnot, à Paris, sous la présidence de Georges Pompidou, à une époque semi-médiévale où ni Internet, ni le téléphone portable, ni Emmanuel Macron n’étaient nés et où nous parvenions pourtant, tant bien que mal, à survivre au fond de nos cavernes en croquant des cuisses de mammouth, comme je le raconte parfois à mes enfants. L’Education nationale, administration d’une modernité déjà stupéfiante, venait d’inventer

Merci patron !

Noël ! Noël ! Nous avons enfin un nouveau premier ministre. Depuis plusieurs jours un nom était sur toutes les lèvres, la veille les rédactions ne bruissaient que de cela : Edouard Philippe était pressenti. Il était annoncé que le nom du favori de l’Élu serait publié le lundi 15 mai, à 8 heures du matin, avant que le nouveau président ne prenne son vol pour courir prêter l’hommage vassalique à Angela Merkel, à Berlin. Après un suspens insoutenable, le nom attendu est tombé en début d’après-midi ; et, à l'absence de surprise générale, il s’agissait bien d’Edouard Philippe ! L’heureux promu est maire du Havre, ancien porte-parole de Juppé avec son collègue Apparu lors de la primaire-de-la-droi

Merci Marion

Marion Maréchal Le Pen se retire de la vie politique et son grand-père l’accuse de désertion. Il est gentil, papy, mais sa petite-fille a bien raison de préférer accomplir son rôle de maman auprès de sa fillette de trois ans, plutôt que de céder aux fulminations des vieux. En outre, le soldat Marion a quelques motifs de douter de l’utilité de son sacrifice. La politique partisane, avec ses querelles de clans, ses petites vilenies, ses luttes de pouvoir mesquines, est trop souvent un champ de déshonneur et le Front national, ou le Rassemblement Bleu Marine, ou quoi que ce soit s’il change de nom, n’échappe pas plus à la règle que les autres partis. Ceux qui ont décidé de faire carrière dans c

Le sacre de Coucou roi

Du discours prononcé par Emmanuel Macron au Louvre le soir de son élection, il n’y aurait pas grand-chose à dire. C’est plutôt la forme qu’a revêtue ce gentil raout de plein air, qui appelle des commentaires. D’abord, par le choix du lieu : l’estrade était placée devant la pyramide du Sino-Américain Pei, verrue triangulaire posée au cœur du vieux palais des rois. La construction elle-même porte symboles : symbole de la franc-maçonnerie, cette religion de la République, symbole du mondialisme, symbole de la contemporanéité culturelle, symbole de l’effacement des gloires passées par les forces de progrès, symbole de la mitterrandie… Par moments, sur les images télévisées, on eût dit que la têt

Les baleines

Du temps qu’on allait encore aux baleines Si loin qu’ça faisait, mat’lot, pleurer nos belles Y avait sur chaque route un Jésus en croix Y avait des marquis couverts de dentelles Y avait la Sainte-Vierge et y avait le Roi Du temps qu’on allait encore aux baleines Si loin qu’ça faisait, mat’lot, pleurer nos belles Y avait des marins qui avaient la foi Et des grands seigneurs qui crachaient sur elle Y avait la Sainte Vierge et y avait le Roi Eh bien, à présent, tout le monde est content C’est pas pour dire, mat’lot, mais on est content Y a plus d’grands seigneurs ni d’Jésus qui tiennent Y a la république et y a l’président Et y a plus d’baleines !

Macron la gaffe, entre bourdes, ratés et râteaux

S’il n’a pas la dégaine sympathique du Gaston de Franquin, cher au cœur des « bédéphiles », Emmanuel Macron pourrait en revanche concourir contre lui dans leur commune spécialité : la gaffe, la bourde, la bévue. A cet égard aussi, il est le digne héritier de François Hollande. Ouverture du gala de gaffes à gogo, le 16 décembre 2016 : dans l’avion qui l’emmène aux Antilles, le candidat d’En marche fait au vol un selfie avec un jeune voyageur, qu’il légende ainsi sur Twitter : « Avec Mathias, lycéen à Bourg-en-Bresse. Il rejoint sa mère expatriée en Guadeloupe pour Noël. » Boulette de banane, c’est la gaffe ! Ses adversaires lui rappellent avec une insultante ironie que les Antilles, c’est la

Travailleurs détachés : la question n’est pas "clause"

Le barrage de la langue ne doit pas protéger l’emploi des Français, celui-ci dût-il être submergé par un flot de travailleurs détachés. Selon Marianne Thyssen, commissaire européen à l’emploi, la « clause Molière » serait illégale au regard de la réglementation eurocratique. Cette clause, adoptée par plusieurs régions (Ile-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts-de-France, Pays de la Loire, Normandie, Centre-Val de Loire), départements (Charente, Nord, Vendée, Haut-Rhin, Corrèze) et communes (Angoulême, Chalon-sur-Saône, Montfermeil), prévoit d’imposer l’usage de la langue française sur les chantiers de construction publics. Elle a pour but de lutter contre la concurrence déloyale à laquelle

La fin d’une présidence du tonnerre

En 2012, dès l’entrée en fonction du président Hollande, le ciel avait laissé entrevoir aux Français ce qui les attendait. Dans la Rome antique, les augures y auraient vu un mauvais présage : dès son premier voyage à l’étranger – pour aller prêter l’hommage vassalique à la chancelière allemande Angela Merkel, comme envisage aujourd’hui de le faire son dauphin, Emmanuel Macron –, l’avion du nouveau président avait été foudroyé en vol. On eut le sentiment que le nouvel Elyséen n'allait pas être un foudre de guerre, ce que la suite du quinquennat confirma en dépit de ses attitudes volontiers belliqueuses. La présidence de Hollande fut placée à tous égards sous le signe de la pluie. Il semblait

« C'est ce qui m'a contraint de librement écrire,
Et, sans piquer au vif, me mettre à la satire. »
           Mathurin Régnier
« Mieux est de ris que de larmes escripre,
Pour ce que rire est le propre de l'homme. »
                       Rabelais
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